« Être YouTubeur n’est pas être un espace publicitaire ! »

jenesuispasjolie répond a wearecom être youtubeur

Du haut de ses 21 ans, Léa est une véritable chef d’entreprise. Si être YouTubeur, c’était uniquement poster des vidéos il y a quelques années, c’est aujourd’hui devoir gérer des partenariats, des annonces… A l’occasion de Get Beauty 2017, salon des YouTubeuses beauté, celle qui opère sous le pseudo de Jenesuispasjolie a répondu aux questions de la team We Are COM.

 

Bonjour Léa, à la fois auteure d’un livre titré « Je ne suis pas jolie, c’est vous les plus belles ! » et fondatrice de votre maison d’édition, vous êtes avant tout Youtubeuse. Comment présentez-vous votre métier de « Youtubeur » aux néophytes ?

Ce métier demande d’être un véritable couteau suisse : il y a bien sûr le cœur du métier, la vidéo. Au delà de la mise en ligne, c’est une tâche qui va de l’écriture du contenu au montage en passant par la réalisation vidéo et la prise de son.

Mais il y a aussi une grande partie de mon travail qui s’articule autour de la gestion de ma communauté. La réussite dans ce métier-là est la fidélisation d’une audience, avec laquelle on interagit. Elle nous suit, réagit, nous écrit. C’est important d’avoir une véritable relation avec celles et ceux qui nous suivent au quotidien. Enfin, le dernier aspect de mon métier est la relation aux marques. Cela concerne la construction de projets communs et la diversification des contenus et des activités, avec des marques.

Youtubeur, métier solo ou travail d’équipe ?

C’est un métier très solo. Que cela soit sur la vidéo ou sur le community management, je ne pense pas qu’on puisse réellement déléguer. Pour moi, il est essentiel de garder un vrai lien avec ma communauté, et de ne pas mettre quelqu’un entre elles et moi. Je tiens à leur parler en direct. Du coup, pour tout ce qui est YouTube et réseaux sociaux à proprement parler, c’est juste moi !

A côté de ça, j’ai la particularité d’avoir constitué une petite équipe qui m’entoure : ma mère et deux personnes que j’ai embauchées. Elles s’occupent principalement de l’administratif et des projets annexes comme mon concept store ou ma maison d’édition. Ça me permet de me concentrer sur ce que j’aime le plus, la création et la vidéo. En revanche, un métier solo n’est pas un métier solitaire : je suis en contact quotidien avec ma communauté que ce soit sur Snapchat, Twitter, Instagram. Youtubeur, c’est un métier de partage.

Youtube, c’est comme une petite famille !

Votre dépendance à la plateforme Youtube est-elle une limite de ce business ?

Je ne perçois pas la dépendance à YouTube comme une contrainte. Il faut certes réussir à faire un très grand nombre de vues pour pouvoir en vivre, mais c’est le jeu ! YouTube et ses équipes nous aident et nous soutiennent dans notre démarche plus qu’ils ne nous contraignent, grâce à un accompagnement régulier et la mise à dispositions de nombreux outils. Même si j’avais l’occasion de créer ma plateforme, je ne pense pas que je le ferais. C’est devenu un peu comme une petite famille, je m’y plais !

Youtube, Twitter, Facebook… pourquoi animer une présence multicanale ?

Chaque réseau social a son intérêt et ses spécificités. Il n’est pas question de copier-coller les contenus, cela n’aurait pas d’intérêt. Alors je prends en compte les spécificités de chaque réseau social pour communiquer avec ma communauté. C’est pour cela que je suis partout !

Sur YouTube par exemple, j’ai plusieurs chaînes : ma chaine principale (Jenesuispasjolie) avec les vidéos classiques, une chaîne avec mes voyages, et une qui prend plutôt la forme d’un Vlog (Jenesuispasbavarde) ; j’y parle de choses plus personnelles comme mon emménagement, mon quotidien, sous forme de caméra embarquée. C’est moins monté, on est plus dans de l’immersion.
Et puis il y a les autres réseaux sociaux, sur lesquels je ne produis pas du tout le même contenu. Sur Snapchat, je retrouve les abonnés qui me suivent le plus, avec lesquels j’ai le plus d’interactions. Il y a un côté très famille. Twitter me permet d’être beaucoup dans l’interaction et dans l’instantané. Mon compte Instagram quant à lui est plus une vitrine, une manière de partager de belles choses. Je n’utilise en revanche plus tellement Facebook : ce n’est plus le réseau le plus en vogue ! J’informe de mon actualité plus que je ne crée du contenu dessus.
De manière générale, mis à part les spécificités de chaque réseau, je n’ai pas tellement de ligne éditoriale. Je ne me pose pas la question, je parle à ma communauté comme si je parlais à des copines, ou à mes petites sœurs.

Quel regard portez-vous sur votre propre influence ?

En tant que YouTubeur, on a une responsabilité. Il est essentiel d’en prendre conscience. J’ai parfois un peu de mal à le réaliser parce que j’ai commencé sans avoir ce rôle là, ni sans le vouloir particulièrement. De fait, il faut faire attention à ce qu’on dit et au messages qu’on fait passer.

Si on prend l’exemple de mon livre, j’ai abordé des sujets délicats comme la gynécologie, la contraception ou les dépendances. J’ai eu à cœur de m’entourer de médecins, de nutritionnistes pour encadrer toutes ces parties du discours, qui sont délicates. Il ne faut pas oublier l’influence que l’on a auprès de sa communauté. C’est pour ces raisons que je fais aussi attention aux partenariats que je porte. Je tiens à rester transparente avec ma communauté et à ne pas les induire en erreur ou les orienter vers de mauvais produits. Je leur parle comme une bonne copine ou une grande sœur.

C’est pour cela que je ne travaille pas avec toutes les marques, et refuse beaucoup de sollicitations. Je tiens à travailler avec des marques qui me correspondent et qui pourraient leur correspondre. Il m’est arrivé de renvoyer des produits, ou refuser une rémunération parce que le produit n’était pas bon. Je ne suis pas dans la collaboration à tout prix !

A votre avis, pourquoi de jeunes adultes comme vous sont-ils devenus plus influents que des marques ?

Je pense que les générations qui arrivent sont moins clientes de publicités. Elles ont besoin de vivre une expérience, d’être guidées et conseillées. Quand on me donne des conseils dans la vraie vie, je fais confiance. Et je pense que c’est ce qui se passe aujourd’hui quand je conseille un produit à ma communauté. Il y a un vrai lien, un attachement. C’est ça qui fait que quelque part on est plus à même d’écouter les conseils de quelqu’un qu’on apprécie et dans lequel on se retrouve. Je pense que c’est aussi parce que les sujets que l’on aborde sont variés, et que justement, nous ne sommes pas là pour vendre. Notre discours est plus hétérogène.

Pour ma part, je peux parler de maquillage un jour, et aborder le suivant des sujets plus sérieux comme la contraception ou le danger des réseaux sociaux. C’est ce qui crée une relation de confiance entre l’influenceur et sa communauté. Et donc j’imagine que c’est pour cela que l’influence des YouTubeurs peut être plus importante que celle d’une publicité.

Comment réagit votre audience lors de vos opérations spéciales avec des annonceurs ?

Ma communauté accueille toujours très bien mes collaborations, parce que je suis très transparente là-dessus. Je pense que lorsque tout est transparent, que la collaboration a du sens et correspond bien à mon univers ; il n’y a pas de raison qu’elle soit mal accueillie. Je reçois d’ailleurs souvent des commentaires ou des messages positifs par rapport aux conseils que j’ai donnés. C’est agréable et ça me pousse à poursuivre dans cette voie.

Quelles erreurs commettent les annonceurs qui vous contactent ? Des conseils à leur donner ?

Un message commençant par “Chère YouTubeuse” ne recevra pas de réponse ! Être YouTubeur, ce n’est pas être un panneau publicitaire. Une approche de masse et non personnalisée ne m’intéresse pas. Cela montre qu’on m’approche pour mon nombre d’abonnés et non pour ce que je fais ou l’approche que je pourrais avoir des produits.
Mon premier conseil est donc d’avoir une entrée en relation personnalisée en proposant un projet concret et unique pour le Youtuber en question. Un projet qui soit construit en fonction de cet influenceur avec lequel l’annonceur souhaite travailler, qui ressemble à la fois à la marque et à l’influenceur. Mon second conseil est d’effectuer un véritable travail en commun. J’aime beaucoup travailler au coin d’une table avec l’annonceur, réfléchir à une chose qui pourrait plaire aussi bien à ma communauté qu’à la marque. Je fais très attention à ces relations humaines.

Zoom sur la relation Youtubeur / Annonceur

Quelles sont vos limites dans la mise en place d’un partenariat ?
Il est important de respecter le YouTubeur, sa ligne éditoriale et de ne pas le contraindre. Je refuse tous les scripts, tout ce qui est trop cadré : c’est hors de question. Je tiens à garder ma patte.

Quelles sont les conditions d’un partenariat réussi ?
Donnez une marge de manœuvre à l’influenceur avec lequel vous collaborez. Plus vous laissez de liberté, plus vous avez de chance d’être agréablement surpris de la qualité du rendu. Avoir une plus grande liberté, c’est permettre de plus s’impliquer dans le projet, avec sa patte, son identité et son univers.

Côté annonceur, quel serait le partenariat idéal ?
C’est dur ! Je ne sais pas…  peut-être un voyagiste ?

Votre collaboration préférée ?
Un lookbook d’automne avec Eram

3 choses à savoir sur Léa

> Elle a créé une chaîne YouTube où sa famille intervient : la Dezdez Family
> Elle a ouvert un concept store du nom de Cracotte et Pyjama
> Elle se marie à la rentrée (Toutes nos félicitations, de la part de la team We are COM !)

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