Pratique l’éthique en communication

L’éthique en communication a deux facettes, selon notre ami Max Weber : celle de la conviction et celle de responsabilité. Les deux vont de pair.

L’éthique de conviction demande que l’on soit convaincu du sujet dont on parle et qu’il soit supporté par des valeurs fortes. Le thème du développement durable est l’exemple, du moment et par excellence, qui démontre les effets dévastateurs d’une communication à outrance sans conviction authentique et justifiée.

Quant à la seconde, l’éthique de responsabilité, elle coule de source. Il s’agit de répondre des conséquences de ses actes en communication. Cela demande de construire un discours légitimé par des valeurs vécues, confirmé par des actes et le tout en cohérence avec l’entreprise, son métier, son histoire, son identité. Ainsi, construire nos discours par la preuve : l’engagement affiché pour le développement durable, concrétisé par des faits irréfutables.
Dans cette optique, notre position clairement affirmée peut parfois nous mener à quelques dilemmes.

Le roulement du tambour ne garantit pas la qualité du message, ni de sa réception

En tant que communicants, nous sommes pris entre plusieurs « contrats » :

  • avec la direction générale, qui nous charge de porter son message ;
  • avec les cibles de l’entreprise, à qui nous tâchons de développer une promesse ;
  • avec les collaborateurs, pour qui nous sommes des porte-voix descendants mais aussi ascendants ;

Il est parfois impossible d’exprimer le message de la direction tel qu’elle le voudrait… Une entreprise ne peut se revendiquer mécène du jour au lendemain à grands roulements de tambour. Un discours tronqué, manipulateur, cumulant les superlatifs et attifé de sur-promesses, comporte le risque de perdre notre légitimité, notre crédibilité, que ce soit vis-à-vis de nos clients, des collaborateurs ou encore des investisseurs. Pour établir des relations durables avec nos différentes parties prenantes, il va nous falloir respecter le contrat passé avec chacune d’elles et résoudre, au quotidien, les tensions générées par les forces en présence.

On en revient à notre copain Max Weber : si le communicant n’a pas de une position éthique, s’il n’est pas convaincu de son sujet, responsable de ses paroles et s’il n’a pas conscience du système d’interrelations dans lequel il s’inscrit, il court le risque de se perdre dans les attentes parfois très opposées de ses cibles et d’écorner leur confiance, leur écoute. Alors, pratique l’éthique du communicant !

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