Les métiers des Relations Presse et de l’Influence – Episode #9

Les mini-salons des métiers de la Communication We Are COM X ISCOM, vous présentent le quotidien des communicants. C’est parti pour un aperçu des Relations Presse et de l’Influence dans cet épisode #9 ! 😎

D’ailleurs… les Relations Presse et l’Influence, c’est quoi ? 

En un mot, l’information, c’est le message, tandis que la communication, c’est la relation, beaucoup plus complexe

Dominique Wolton

 Il existe deux grandes techniques de communication : 

☝️ D’une part, la communication média est la plus traditionnelle. Elle ésigne les canaux de diffusion suivants : TV, radio, cinéma, affichage, presse, internet, etc. Ces médias optimisent rapidement la notoriété d’une marque ou d’une entreprise, et à très grande échelle !

✌️ D’autre part, la communication hors média désigne les techniques plus directes : relations publiques, promotions des ventes, foires et salons, sponsoring, marketing direct ou encore réseaux sociaux. Ces canaux, à faible coût jouissent d’un impact ciblé sur le consommateur et d’une amélioration rapide des ventes. 

Les métiers des « RP », relations presse et de l’influence se trouvent, comme vous l’aurez compris, appartiennent aux canaux de communication hors-média !

Les relations presse, également appelées relations média, représentent toute forme de communication établie entre un spécialiste des relations publics et les médias. Le rôle du responsable des relations presse et de l’attaché de presse est de créer une relation de confiance unique entre l’entreprise ou la marque qu’ils représentent et les médias, afin d’assurer une très bonne transmission des informations vers leurs différentes cibles. Tandis que l’influence correspond à toute action consistant à susciter l’intérêt, promouvoir un produit, convaincre et inciter un public. L’objectif est notamment d’amplifier les communications faites par une entreprise ou une marque, en s’appuyant sur la notoriété et le discours d’individus particuliers (ces fameux influenceurs) qui prédisposent les actions des consommateurs et des prospects. 

🤔 Et plus concrètement ? 

Plus concrètement ces métiers sont les bâtisseurs et garants de l‘image de marque d’une entreprise, de sa réputation et de sa e-réputation. Il faut noter que nombre de ces professions entretiennent un lien très étroit avec le digital. Il est aujourd’hui de coutume d’inscrire les relations presse dans une stratégie globale où les activations RP et digitales (campagnes influenceurs sur YouTube ou encore TikTok) viennent en complémentarité.

Le principe élémentaire : créer des relations de confiance ! 🙏

Paroles de Directeurs de la communication (DirCOM)

Dans ce monde ouvert, tout en interaction, le terme américain de Public Relations prend tout son sens. Il s’agit de connecter les parties prenantes entre elles.

Anthime Caprioli – Responsable Relations Presse et Relations Publics de Schneider Electric

Je vois mon rôle de Dircom comme le trait d’union entre l’enseigne, ses collaborateurs et l’externe, dont les médias : journalistes, blogueurs, influenceurs. 

Xavier Rivoire –  DirCOM de Décathlon United

Où se trouvent les jobs de ce secteur ?

Les principaux jobs chez l’annonceur

📢 Tout d’abord, citons l’indispensable Attaché de presseCe communicant est le véritable porte-parole de l’entreprise : incarnant le lien de confiance entre cette dernière et les journalistes. Il effectue également des activités assidues de veille et de conseil auprès des dirigeants comme des portes paroles de l’entreprise. Gestion du stress et des imprévus, diplomatie et curiosité sont de rigueur.  

📡 Chez l’annonceur, le Chargé de Communication digitale est le pro du numérique. Ce communicant gère la ligne éditoriale, de sa conception à sa diffusion : contenus digitaux et suivi technique. Pour le chargé de COM digitale, dynamisme, maîtrise des outils numériques et bonne culture du web sont de mise !

Les principaux jobs en agence 

☎️ Le monsieur média d’une agence est appelé Consultant RP. Il est en relation constante avec la presse, et fait part de recommandations stratégiques à ses clients. Il lui faut avant tout un très bon relationnel, son métier est un métier de contact humain. De plus, son aisance orale doit être irréprochable, lui permettant d’argumenter en toute situation.  

📊 Enfin, du côté « influence », nous retrouve le Consultant digital, chargé de réaliser des audits pour définir une stratégie digitale la plus adaptée à la marque de son client. Après la mise en application de cette stratégie, il mesure et analyse les résultats donnés. Le consultant digital doit être pourvu d’une capacité d’analyse pointue, d’un rédactionnel irréprochable et d’un grand sens du relationnel. 

Encore une fois, cette liste n’est pas exhaustive. Au sein des annonceurs et des agences, il n’est pas rare de trouver d’autres métiers tels que les Directeurs de Clientèle, Directeurs de conseil, consultants RP, community managers… 

Vous y voyez un peu plus clair ? Mais alors quelles sont les grandes tendances du secteur ? 

  • 28 ans, c’est l’âge médian dans le secteur de la communication et des RP.
  • Bac +4/5, c’est le niveau d’étude moyen des communicants, tant en agence que chez l’annonceur.

Paroles d’experts 

Du côté agence, nous recevons Antoine Dubuquoy, consultant en stratégie digitale & social media chez Image7. Tandis que du côté annonceur, nous recevons Thomas Mallard, attaché de presse à l’UNESCO.   

👋 Bonjour à vous deux ! Quel est votre job à chacun ?

Antoine Dubuquoy : Je suis consultant en stratégie digitale et influence au sein de l’agence Image7. Cette dernière couvre l’ensemble des secteurs de la communication, en étant toutefois très spécialisée dans la COM corporate et la gestion de crise. Notre éventail de clients est extrêmement varié, allant d’une entreprise à une institution, d’une start-up à une boite du CAC 40. À l’ère du numérique et de la profusion des réseaux sociaux, les crises digitales se multiplient, aussi notre expertise est devenue indispensable. 

Thomas Mallard : Je suis attaché de presse à l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture. Cette institution internationale spécialisée est plus connue sous l’appellation UNESCO. J’exerce ce poste depuis quelques mois, étant en parallèle toujours étudiant à l’ISCOM Paris. En collaboration avec une attachée de presse senior, nous travaillons à accompagner l’UNESCO vers un meilleur système de diffusion de l’information, et en particulier en ce qui concerne le numérique. Nous sommes, pour cela, quotidiennement en relation avec la direction de la communication et les journalistes du monde entier. L’objectif de l’attaché de presse est simple : faire en sorte que des journalistes écrivent des articles sur le travail de notre entreprise ou de notre institution, dans mon cas.

👉 Quand et pourquoi avez-vous décidé de vous orienter vers la COM ? 

A.D. : Je me suis retrouvé là un peu par hasard. J’étais au départ un publicitaire pur et dur, plutôt orienté vers la vente d’espace, au sein d’une régie. Lorsqu’un jour, je me suis découvert un goût tout particulier pour le digital, qui n’a depuis cessé de s’accroitre. Mon dada ? Les problématiques mouvantes liées aux réseaux sociaux. C’est alors tout naturellement qu’en 2010 nous avons, avec une associée, fondé une agence de conseil en stratégie digitale. Nous souhaitions accompagner les prises de parole sur les réseaux sociaux, dans un monde jusqu’alors relativement peu accoutumé à ces pratiques très spécifiques.  

Tout en évoluant au rythme des réseaux sociaux et de leurs usages, j’ai rejoint Image7. Cette agence initialement généraliste, souhaitait développer son expertise digitale, un défi que notre petite équipe a su relever. Aujourd’hui, plus aucun client ne peut se passer du digital, il est omniprésent dans leurs demandes de prestations.  

T. M. : Mon choix d’orientation est comme vous pouvez le supposer, bien plus récent. 🙂 J’ai tout d’abord suivi une licence de biologie et de géologie à l’université, avant de très vite réaliser que ces secteurs ne me correspondaient pas. J’avais un besoin fondamental d’approfondir ce qui me semblait le plus en phase avec ma personnalité : une ouverture sur le monde, l’aisance verbale et la force de conviction. La communication permet tout cela à la fois. 

J’ai alors décidé d’intégrer l’ISCOM. Le super plus ? C’est que cela me permet de travailler en parallèle. Avant de rejoindre l’UNESCO, j’ai pu exercer en agence de presse BtoC. Désormais, je souhaite davantage faire carrière chez l’annonceur, notamment dans les secteurs de la diplomatie ou de la politique. Mon travail est tout simplement passionnant. 

🗓 À quoi ressemble une journée type ? 

A. D. : Une journée type ? Connais pas ! 🙂 Les réseaux sociaux supposent une veille minutieuse et constante. Afin de contrer ou de résoudre les potentielles crises, nous effectuons ces veilles assidues pour nos clients. L’imprévu est monnaie courante en communication. 

D’une part, nous réalisons un travail de fond. Toute mission commence invariablement par une analyse pointue de son image digitale. Nous étudions les « empreintes numériques » au travers des résultats des moteurs de recherche afin de saisir au mieux les prémices et les enjeux d’une potentielle crise, les sujets sensibles par exemple. Tout cela est utile pour élaborer la stratégie digitale la plus ajustée, et construire le discours de marque le plus adéquat. Il ne faut pas négliger une dimension pédagogique pour rassurer nos clients, un message négatif sur les réseaux sociaux n’engendre pas automatiquement une crise de grande envergure. 

D’autre part, nous faisons face à l’imprévu. Nos veilles permettent de capter des « signaux faibles » en amont de la phase critique. Lorsqu’une crise se déclenche, alors il nous faut en comprendre la mécanique et chercher à remonter à sa source, lorsque c’est faisable. Dans un second temps, nous mettons au point les éléments de discours de la potentielle prise de parole de la marque. Enfin, nous observons ! Il est important d’attendre voir si la crise prend ou non. Le tout se fait bien évidemment en temps réel. 

T. M. : La veille fait également partie intégrante de mon quotidien. Tous les matins, je consacre environ deux heures à cette dernière. Ce travail est colossal, car je suis le seul à l’effectuer. Chaque jour, l’UNESCO c’est entre 1500 et 2000 mentions dans les médias internationaux, notamment grâce à la mention « patrimoine mondial », bien connue de tous. Lorsqu’un article portant sur les plus belles destinations touristiques nous cite, c’est chouette ; toutefois, nous cherchons à développer la visibilité de l’UNESCO sur le reste de son mandat, le patrimoine mondial n’étant qu’une infime partie des missions de l’UNESCO. Cette tâche de veille, me permet de cibler les publications promouvant notre institution, ses projets et ses expertises, afin de rédiger une revue de presse destinée au cadres. 

Le reste de ma journée se rythme au gré de préparations stratégiques, d’élaborations de communiqués de presse et d’échanges avec les journalistes. Le lien de confiance constitue la garantie de la véracité des informations diffusées. 

🤗 Qu’est ce qui est le plus stimulant dans votre métier ? 

A. D. : Le plus stimulant c’est avant tout la variété des situations auxquelles nous sommes confrontés. Les usages des réseaux sociaux et de leurs publics, en incessante évolution, nous amènent à repenser constamment nos stratégies. Récemment l’émergence de Club House nous a fait nous interroger : comment intégrer cette nouvelle plateforme à nos stratégies ? Ce qu’il faut retenir, c’est que le client est friand de nouveautés, veut être surpris et se lasse très rapidement des recommandations « plan-plan ». 

La variété est également présente dans les projets sur lesquels nous travaillons. Dans nos métiers nous sommes amenés à collaborer avec un panel de clients extrêmement varié. Aux problématiques uniques, solutions uniques. 

Enfin, l’intelligence collective nous stimule énormément chez Image7. Nous participons à de nombreux brainstormings et réflexions d’équipe. Il est captivant d’observer ce que l’agilité intellectuelle, mêlée à l’expertise, peut donner comme résultat ! Attention, il s’avère souvent nécessaire de savoir jongler entre de multiples sujets, et ce, dans un laps de temps très bref. 

T. M. : Il est vrai que la diversité stimule au quotidien. Rien qu’aujourd’hui, nous sommes passés du projet que nous menons sur la Biennale de l’architecture à Venise, à celui de la reconstruction de la ville de Mossoul, pour finir par travailler sur le reportage de l’un des sites du patrimoine mondial, en Suisse. Un expert de l’UNESCO se focalise sur un programme, qu’il suit de A à Z. Le communicant quant à lui, a la chance de pouvoir traiter tous les sujets. J’aime à penser qu’il est comme le porte-parole d’un gouvernement, il lui faut savoir parler de tout et donc avoir un œil sur tout. 

J’apprécie aussi les crises. 😀 Qu’elle soit positive ou négative, la crise stimule parce qu’elle amène à travailler sous pression. Souvent, elle permet de remettre à plat certaines stratégies. Récemment, cela s’est encore vérifié au sujet de l’interdiction des bateaux dans la lagune de Venise. Il est assez courant que des mécontents ou activistes nous interpellent, s’interrogeant sur notre légitimité. La communication réalisée sur cette actualité vénitienne fut une communication de preuve. Oui, nos experts travaillent sur du concret !

🙌 Quelle est la campagne de communication dont vous êtes le plus fier ?

T. M. : Je citais plus haut notre projet de reconstruction de la ville de Mossoul. Grâce à la mobilisation de nos Etats membres et de généreux donateurs, nous avons la capacité de former des irakiens à recréer un tissu de vie sur les ruines et décombres. La fierté particulière de ce projet résulte de la récente visite du Pape sur notre chantier. C’était son premier voyage depuis le début de la crise sanitaire. Afin de jouer sur cette venue, nous avons en quelques semaines comptabilisé plus de 600 articles de presse et démultiplié les interviews. Tout cela s’est clôturé par une photo du Pape François, posant devant l’un de nos algecos. Il est toujours très satisfaisant d’observer de magnifiques choses, émaner d’un projet qui représente une grande partie de nos quotidiens.

A. D. : Il y a une grande satisfaction à mener à bien une mission. En revanche, même si la liste de nos clients est publique, nous ne communiquons pas sur le contenu de nos missions. 

👀 Quelles sont les grandes évolutions en relations presse et influence ? 

A. D. : C’est incontestable, le temps s’accélère et continuera de s’accélérer. L’immédiateté est devenue la clé, tant dans la diffusion des informations que dans la gestion de crise. Avec le digital, le communicant doit faire preuve d’une grande réactivité. Le terme « influenceurs » recouvre des réalités multiples. Désormais, il est nécessaire de combiner relations presse et influence digitale. L’impact des réseaux sociaux est indéniable.  

T. M. : Dans le secteur des relations presse, nous sommes continuellement et considérablement sollicités par de nouveaux outils. L’évolution phare ? Le digital fait aujourd’hui partie intégrante de toute stratégie de communication.

💡 Antoine, avez-vous un conseil pour les futurs communicants ? 

A. B. : Soyez curieux ! Steve Jobs n’a-t-il pas dit : « Stay hungry. Stay foolish. Never let go of your appetite to go after new ideas, new experiences, and new adventures. » ? Il est essentiel de toujours s’intéresser à tout, de faire preuve d’une curiosité 360°. La connaissance des tendances et de l’actualité est tout aussi indispensable que la culture générale. 

J’ajouterais que la COM, c’est un vrai sujet de passionnés. Trouver la solution adéquate à une problématique, c’est comme résoudre une équation mathématique, c’est excitant et satisfaisant. 

🎓 Quant à vous, Thomas, de quelle manière parvenez-vous à mêler la vie étudiante à la vie professionnelle ? Avez-vous un conseil pour les étudiants qui souhaiteraient se lancer ?

T. M. : Osez. Osez chercher des opportunités, il n’y a pas de hasard. Si en COM nous rencontrons des personnalités tout à fait extraordinaires, c’est grâce à cette audace. C’est cela qui plaît ! Dans le monde étudiant comme professionnel, vous devez avoir envie et toujours cultiver cette envie. Le choix que j’ai fait d’allier études et travail n’est pas toujours simple, mais véritablement payant. Il faut parfois faire des sacrifices pour atteindre ses objectifs.

Selon moi, l’honnêteté et la franchise sont également de rigueur. Il faut savoir donner son avis, que ce soit bien ou moins bien, cela témoigne de votre implication. Enfin, créez-vous un réseau unique en multipliant les expériences et les rencontres.

Antoine Dubuquoy,

Consultant en stratégie digitale & social media chez Image7, Auteur et Podcasteur

Thomas Mallard,

Attaché de presse à l’UNESCO

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