Ecoutez le podcast grandir !

🎙🎙 Le podcast, qui (nous) vient d’une contraction hasardeuse entre « ipod » et « broadcast », est aujourd’hui incontournable ! Ces petits contenus audio numériques à télécharger, le plus souvent gratuitement, traitent de tout et s’écoutent n’importe où. 

Le plus du podcast par rapport à la radio ? Un format intime nous fidélise pardi ! 

Crée en 2004, le podcast voit sa production exploser au cours de ces dernières années. Un chiffre pour résumer cette nouvelle consommation médiatique : la France compte plus de 5,8 millions d’auditeurs réguliers. Et le public est de plus en plus demandeur. On estime la progression annuelle des nouveaux auditeurs à 52%. Ainsi, chaque mois, plus de 85 000 podcasts sont écoutés par les Français. 📈 

Quelle est la recette miracle du podcast à succès ?

La qualité des contenus et de la réalisation, car on ne revient pas dans l’oreille si intime d’un auditeur par hasard. 

Si le contenu est passionnant d’intelligence mais que la réalisation sonore est digne de bruits de cuillères dans l’écho d’une cuisine, l’écoute sera unique. L’auditeur fera vite son choix tant l’offre est abondante. La pléthore de podcasts disponibles nous pousse à une qualité d’écoute optimale !

📻Le podcast n’est pas la radio, mais s’en rapproche grandement. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir se mêler les replays et les podcasts. Les points communs ? L’incomparable puissance de la voix et l’imaginaire qu’elle génère. 

Il faut donc au podcast les mêmes ingrédients que son ancêtre audio : une voix, un micro, un ingénieur son, de la musique, un peu d’ambiance et un réalisateur. Ce que de grandes stations, comme France Culture, ont compris depuis des dizaines d’années déjà. 

On ne revient pas dans l’oreille si intime d’un auditeur par hasard. 

📰 Un exemple illustre assez bien ce lien étroit entre radio et podcasts. Lorsque le Parisien décide de créer « Code source », une série de podcasts sur l’actualité, il fait appel à Jules Lavie, un ex-journaliste de France Info. Le résultat est sans conteste, avec aujourd’hui plus de 300 000 écoutes mensuelles. Le record a été atteint lors du confinement : l’audience a ainsi dépassé le million d’auditeurs en avril dernier. 
Le challenge du Parisien est relevé !

Autre exemple : Philippe Corbé, ancien correspondant de RTL aux Etats-Unis. Outre ses nombreuses interventions radio, il nous livrait un podcast hebdomadaire original. Cela commencait telle une conversation au coin du feu, et s’égarait volontiers dans des digressions, au rythme de l’actualité américaine. 🇺🇸 Le 20 octobre dernier, Philippe Corbé a envoyé sa dernière chronique avant de quitter son poste aux USA. Or l’avantage du podcast, c’est que l’on peut retrouver toutes ses lettres d’Amérique…

👻👻 D’autres ne jouissent malheureusement pas d’un tel succès. La série de podcasts « In Tenebris », qui revient sur les phénomènes inexpliqués, et à laquelle j’ai eu la chance de pouvoir prêter ma voix, n’a pas dépassé les six épisodes, faute de financement. Pourtant sujet et qualité étaient au rendez-vous. De manière générale, le podcast cherche encore son modèle économique. 

Lancé en juin 2019, à grand renfort médiatique, notamment à cause de la personnalité de son boss, Mathieu Gallet, ex-P-D-G de Radio France, le site Majelan a changé son fusil d’épaule l’été dernier. Le mix offre payante-offre gratuite a été remplacé par du tout payant axé uniquement sur le développement personnel. Moyennant un abonnement mensuel de 7 euros on peut s’offrir des masters class de la cheffe Anne-Sophie Pic 🎂 ou de l’ex-président de Publicis, Maurice Lévy 📺. On attend de voir si la formule sera gagnante…

Ce qu’il faut retenir, c’est que le podcast reste un produit efficace tant il capte l’attention des auditeurs à la condition d’être de qualité. Il est facile à écouter ou encore à télécharger, ne nécessitant qu’un smartphone (voire des écouteurs). 

De plus en plus présent dans les services de communication interne et externe, il est dans le viseur des entreprises ! C’est ce qu’a bien compris l’équipe COM de chez AXA France, qui, tout au long du confinement, offrait à ses collaborateurs un podcast régulier du PDG. Résultat ? Plus de 65 000 écoutes pour les 15 enregistrements audio. 

L’incomparable puissance de la voix et l’imaginaire qu’elle génère. 

Regard d’expert avec Jules Lavie, rédacteur en chef de Code Source

Jules Lavie

Jules Lavie, rédacteur en chef et présentateur du podcast d’actualité du Parisien : Code Source, écouté plus de 6 millions de fois depuis son lancement en mai 2019. Quelle est sa vision du podcast ? Il se livre !

Bonjour Jules, un grand merci de nous partager votre expérience. Selon vous qu’est ce qui fait le succès de Code Source ? 

Jules Lavie : Lors de notre travail de préparation sur un sujet, on se demande avant tout comment nous allons raconter l’histoire. Quelque soit la matière : politique, économie, faits divers, sport… Il faut utiliser les recettes du storytelling et scénariser les informations. 

Estimez-vous qu’il existe des sujets tabous ?

On ne s’interdit aucun sujet. Dans le traitement de l’information, nous allons en général loin dans ce qu’on peut raconter. Par exemple, lorsque je traite un fait divers, il m’arrive de donner des détails un peu crus, et qui ne sont pas forcément présents sur les pages d’un journal. Il faut savoir que lorsque l’on dit les choses, elles sont adoucies par la voix. Les journalistes ont tendance à se lâcher un peu plus sur leurs podcasts que sur leurs articles

Le podcast, c’est de la radio ? 

Absolument pas ! Lorsque l’on écoute une station de radio, on fait le choix d’un accompagnement audio sur un temps donné. Typiquement, on peut ne pas s’intéresser au point info sur la bourse, mais rester pour la suite du programme. Tandis qu’un podcast, on le choisit et on clique dessus, et si on n’est pas convaincu au bout de quelques minutes, on zappe. 

Il faut savoir que lorsque l’on dit les choses, elles sont adoucies par la voix. Les journalistes ont tendance à se lâcher un peu plus sur leurs podcasts que sur leurs articles. 

Alors quel est le secret pour capturer l’auditeur ? 

Pourquoi écouter un podcast jusqu’au bout ? Pour l’histoire qui est racontée ! Lorsque l’on est pris dans une trame, on veut en connaître le dénouement. Il est donc essentiel que le sujet soit bon, mais également que la forme soit très prenante. 
Nos auditeurs sont des fidèles. Ils s’abonnent gratuitement et reçoivent ainsi un épisode inédit chaque matin. Notre public est bien plus petit que celui de la radio, cependant il ne décroche pas. Tenez, 93% d’entre eux vont jusqu’au bout du podcast. 

Et votre modèle économique, qu’en est-il ?

Code Source fait rentrer de l’argent, grâce aux publicités de 30 secondes présentes au début et à la fin de nos podcasts. Cela fonctionne plutôt bien, les auditeurs ne semblent pas en être gênés. C’est ce qu’il y a de moins dérangeant pour celui qui écoute. 

Pour le Parisien, Code Source c’est en partie de l’image, mais avant tout il s’agit d’aller conquérir un nouveau public. Notamment un public plus jeune, que l’on peut trouver aujourd’hui sur Spotify, où nos podcasts ont leur place.  


Sophie Tutkovics

Journaliste, grand reporter, voix-off pour le podcast “In Tenebris” et invitée de la team We Are COM

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