Vers une ubérisation des Relations Presse ?

Les bouleversements des Relations Presse liés à l’émergence des réseaux sociaux ont progressivement fait évoluer les modes d’expression et de communication entre attachés de presse et journalistes.

Hier conférences de presse et dossiers de presse étaient autant d’outils placés au cœur de la dimension relationnelle de ces professionnels. Aujourd’hui, avec le flux de l’actualité, la multiplication des outils digitaux, l’apparition d’applications mobiles délivrant du contenu en continu, les journalistes assaillis d’informations sont moins en mesure de tout lire. Il faut aller vite, toujours plus vite. Répondre à la fois aux diktats du monde médiatique tel qu’il existe aujourd’hui, mais aussi et surtout aux enjeux des entreprises poussées à croître et à se développer. Nous vivons dans une ère d’accélération due en partie au développement incontrôlé de la science et des nouvelles technologies. Mais tout ça à quel prix et jusqu’à quand ? Dans son documentaire « l’urgence de ralentir » Philippe Borrel nous fait réfléchir sur cette course incessante vers le « toujours plus » en dépit du juste « bien ».

Mais l’un pourrait-il être l’ami de l’autre ?

Les journalistes veulent des informations utiles, anglées, leur apportant du contenu à haute valeur ajoutée. Sans opposer les journalistes « off line » des journalistes « on-line », on observe que leur façon de travailler n’est pas la même. Actualité chaude au contenu bref pour les uns, articles étayés et largement documentés pour les autres. Ainsi, c’est aux attachés de presse à répondre à leurs besoins en s’adaptant aux nouveaux formats des média et à leurs usages, à redéfinir les contours de leur métier en privilégiant le « sur- mesure » et conservant une information de qualité.
Tel un professionnel du marketing, il doit prendre le temps d’étudier l’ensemble des nouveaux media et leur positionnement, cibler les journalistes sur l’ensemble de ces nouveaux média, la nature des informations traitées, et « vendre » un contenu au format adapté : court, long, anglé, décalé, humoristique, avec ou sans vidéo, visuels, infographies, témoignages….
L’information doit, pour se démarquer et se détacher de l’ensemble de ce flux permanent, épouser une forme d’originalité, et c’est à l’attaché de presse, hier plus « corporate » de s’adapter en proposant des contenus variés.
Tel est l’enjeu actuel de leur métier ! Il ne faut pas croire qu’il est en train de disparaître, bien au contraire !

Un « nouveau métier » est en train de se réinventer

Les modes de communication actuels et l’intégration progressive de la robotique et des nouvelles technologies dans notre quotidien, (la e-santé, notamment) vont digitaliser les relations humaines. Avec nos modes de vie ultra actifs, nous souhaitons gagner du temps ou en tout cas ne pas en perdre. L’homme, est jour après jour, encore plus face à la machine. Il n’y a qu’à voir dans le métro, dans la rue, même à la maison, pour observer des gens ultra-connectés. Mais le journaliste et l’attaché de presse ne sont pas des machines.
Avec la viralité liée aux milliers de tweets, retweets et posts chaque jour, les journalistes n’arrivent parfois plus à connaitre la provenance de l’information. Comment dès lors déontologiquement relayer un contenu dont la source n’est plus vraiment avérée ?
Les « nouveaux » journalistes, bloggeurs, influenceurs fourmillent et ont besoin de relais et de sources d’informations sûres. C’est à ces « nouveaux » attachés de presse de créer une relation nourrie dans la durée et la confiance. Ces derniers ont plus que jamais besoin d’injecter du vivant et de l’humain. Ce n’est pas demain que les « e-relations presse » feront jour. Ces « nouveaux » métiers, pour assurer leur transformation, doivent s’accompagner dans cette démarche. Pour fonctionner en « duo » dans cet écosystème, leur relation humaine est essentielle.
En période de crise, sans rapports humains ni échanges avec les journalistes, comment faire la lumière sur la vérité ? Comment expliquer et créer de la transparence ?

Par un Tweet ?

Il faut un trait d’union, et ce trait d’union c’est l’attaché de presse.
L’essence même de ce métier, finalement très complexe, repose sur le temps passé à tisser des relations avec les media, savoir répondre dans l’instant, s’adapter à tous les changements possibles, savoir encrer une communication efficace pour faire mieux connaître son entreprise, ses spécificités, les hommes qui la composent. Faire l’économie d’une bonne attachée de presse, c’est se priver d’un outil de communication humain irremplaçable.

Ce n’est pas ce que je souhaite aux entreprises !

Non, je crois véritablement que les Responsables en relations presse ont plus que jamais une place clé et fondamentale dans la cité. Ils sont plus que jamais le garant et le moteur de la notoriété, et surtout de la réputation d’une organisation.

Non, toutes les relations ne s’ubérisent pas !

 

Tribune d’Axelle de Chaillé, invitée de la team We Are COM

 

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