Profession YouTuber ? Non, créateur !

YouTube n’en finit pas de grandir et les marques multiplient les partenariats avec les créateurs de vidéos ! Elles ne s’y trompent pas puisque YouTube est devenu le 2ème moteur de recherche derrière Google et que chaque jour 1,5 milliard d’utilisateurs y passent en moyenne 1h. L’origine du succès ? Des vidéos make-up, lifestyle, food, gaming, entertainment, travel… produites par les utilisateurs eux-mêmes.

Le Club We Are COM a rencontré HugoPosay et Charles alias FastGoodCuisine, 2 grands YouTubers cumulant 8 millions d’abonnés, pour un dialogue sans filtre – car sans agent ni agence : leur parcours de vie, leur regard sur leur métier, leur relation avec leur communauté, leurs rémunérations, et enfin leur rapport à nous les communicants. Et si le Club We Are COM vous donnait la recette de ces vidéos à succès qui génèrent tant de millions de vues sur YouTube ?

YouTube : les chiffres parlent d’eux-mêmes

Dans le monde

  • YouTube est le 2ème moteur de recherche après Google
  • 1 milliard d’heures sont regardées chaque jour
  • 2 milliards d’utilisateurs s’y connectent chaque mois

En France

  • 38 millions de Français s’y connectent chaque mois (soit 81% de la population connectée)
  • 80% des 16-24 ans s’y connectent au moins une fois par jour
  • Les segments les plus consommés sur YouTube sont :
    1 – la Musique
    2 – Le Lifestyle (lifestyle, cuisine, beauté, santé, mode)
    3 – Le Sport
    4 – Le Bricolage
    5 – La Comédie
  • 75% des Français déclarent utiliser YouTube pour apprendre sur leurs centres d’intérêt
  • Les vidéos d’humour représentaient 19 milliards de vues en France en 2018

Bon à savoir : 75% des 15-35 ans se disent prêts à acheter un produit suite aux recommandations d’un influenceur

Charles et Hugo : une vision singulière nourrie par des parcours extraordinaires

Leur ligne éditoriale

A 11 ans, Hugo démarre sa chaîne YouTube. A 20 ans, il est suivi par 4,2 millions d’abonnés. Passionné de culture Web, il réalise des concepts vidéo qui sortent de l’ordinaire (ex : il se filme en train de dormir pendant 1 semaine, dit oui à tout pendant 24h…).

Charles, plus connu sous le pseudo Fastgoodcuisine, est LE YouTuber food en France. Il anime la 1ère chaîne YouTube dédiée à la Cuisine rapide où il propose des recettes simples et toujours délicieuses… appréciées de ses 3,4 millions d’abonnés.

Dans leurs vidéos, Charles et Hugo proposent avant tout une expérience, qui parle à tous et a priori inaccessible au grand public. Et généralement, on avance crescendo dans l’expérience !

Leur parcours, leur vision du media et du marché

Charles et Hugo ont démarré leur chaine YouTube de manière artisanale. Au bout de 4 ans, ils fédèrent respectivement 500 000 et 1 million d’abonnés. Rapidement ils se professionnalisent et font un constat : les YouTubeurs sont isolés dans la création et ne sont ni entourés, ni conseillés. Pourtant les partenariats entre les créateurs et les marques représentent un vrai potentiel ! Ils décident de créer leur propre entreprise, LABELLE & CIE pour accompagner les talents comme les annonceurs. L’objectif ? Upgrader le processus artistique en construisant des campagnes impactantes pour les marques et en accompagnant les créateurs de A à Z, de la production à la diffusion.

En tant que créateurs, ils sont bien sûrs présents sur YouTube, leur main hub. Mais demain qui sait ? La dépendance au media n’est pas un problème. Convaincus qu’il faut être présents partout où se trouve leurs audiences, ils diversifient les supports de diffusion, en étant présents sur TikTok et Instagram. Selon eux, il est primordial pour les créateurs et les marques de s’adapter aux codes et à la grammaire de chaque plateforme. Finalement, le challenge c’est de se réinventer et d’adapter son discours en fonction du media et de ses évolutions.

Depuis plusieurs années, YouTube a mis en place un système d’accompagnement des créateurs et propose désormais du coaching, en plus de la mise à disposition de moyens techniques à Paris. Plus un créateur évolue, plus sa communauté s’étend et plus il se professionnalise. A partir d’1 million d’abonnés, il dispose généralement d’une équipe lui permettant de créer des contenus à plus grande échelle et de manière plus réactive.

Les business models sur YouTube

1 – Les revenus « adsense » (publicités avant et pendant les vidéos) calculés en fonction du watchtime. Les mid rolls peuvent être positionnées en fonction du climax de la séquence. Et étonnamment cela ne fait pas baisser le taux de rétention.

2 – Le brand content et le placement produit. Transformer le cahier des charges d’une marque en idée artistique est un vrai challenge motivant pour les créateurs. Plutôt que de seulement promouvoir un produit ou un service, Hugo et Charles conseillent de mettre en place des procédés plus créatifs côté influence. La marque peut alors interagir avec la communauté du créateur en s’appuyant sur son ADN, ses valeurs.

3 – Le merchandising et les droits d’auteurs. Aujourd’hui, de plus en plus de créateurs se lancent dans l’édition ou lancent leur marque dans la continuité de leur ligne éditoriale. Par ailleurs, les droits d’auteurs constituent une source de revenus non négligeables : chaque année, YouTube leur verse 6 à 7 millions d’euros (selon le nombre de vues).

Le cas Singapore Airlines

Fin 2018, Hugo est contacté par Singapore Airlines suite à une vidéo dans laquelle il est surclassé par Emirates. Sa mission ? Faire vivre à ses abonnés le voyage commercial le plus long du monde !

Les retombées :

  • > 3,7 millions de vues organiques, plus de 10 000 commentaires, plus de 260 000 likes et un watchtime d’environ 55%.
  • > Au moment de la sortie de la vidéo, le mot « Singapour » bondit sur Google
  • > En terme d’image, une forte interaction de la communauté qui partage son engouement pour la compagnie

Pour aller plus loin, Hugo & Charles répondent à toutes nos questions !

Comment fonctionnez-vous quand vous travaillez avec des marques ?

Charles : On estime que c’est avant tout une collaboration. Dans notre démarche, on cherche à comprendre l’objectif de la marque, savoir ce qu’elle veut obtenir, transmettre à l’audience et aussi ce qu’elle ne veut pas. De la même manière, notre but n’est pas de vendre quelque chose à l’audience mais lui offrir un meilleur contenu, qui respecte nos valeurs. Aujourd’hui, les marques comprennent qu’il ne faut pas être purement dans le marketing.

Hugo : C’est à partir d’un brief à la fois précis et ouvert que l’on va conseiller sur les leviers et les possibilités artistiques. Et la solution se construit toujours sur mesure. Cela va des stories aux partenariats à l’année. Les annonceurs sont très diversifiés en termes de secteurs.

Quelle était votre plus belle collaboration ? Refusez-vous des partenariats ?

Hugo : Pour moi, c’est la vidéo avec Singapore Airlines. Une belle expérience, source de retombées fortes pour la marque : c’est une collaboration qualitative win-win.

Charles : J’ai adoré ma collaboration avec Big Fernand. J’ai pu réaliser une vidéo en caméra cachée (un rêve en tant que fan de François Damiens 🙂 ). A la fin de la journée, le CEO m’a d’ailleurs lui-même piégé !

En tant que créateurs, on est plus réticents aux collaborations de type one shot. En effet, on privilégie les partenariats sur plusieurs mois ou sur l’année.

Quels conseils donneriez-vous aux marques ?

Hugo : Les collaborations avec les créateurs sont une vraie opportunité pour les marques aujourd’hui puisque le marché n’est pas encore saturé et les créations sont sous-pricées. En amont, il faut bien définir son positionnement et se donner les moyens d’être créatif sur le plan de la réalisation. Les créateurs sont forces de proposition artistique, et nous utilisons aussi notre connaissance qualitative des cibles VS. uniquement de pâles datas quantitatives. Un vrai travail collaboratif !

Charles : Notre conseil : intéressez-vous aux créateurs et à leurs valeurs plutôt qu’au nombre de vues. Rencontrez-les pour discuter avec eux de l’aspect éditorial. Et n’hésitez pas à leur demander le détail de leur devis. Pour une marque, il est plus intéressant d’investir sur des créateurs qualitatifs dont l’ADN lui correspond. En réalité, les retombées media sont bien supérieures à la moyenne en comparaison avec d’autres moyens de communication (atteignant ainsi un ROI 50 à 300 fois supérieur).


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