Allianz France : l’engagement comme posture

Allianz France : l'engagement comme posture

Et si les marques avaient un rôle clé à jouer dans la société ? ✅ Une chose est sûre, pour le géant de l’assurance, Allianz France, s’engager n’est pas une option, c’est une posture. Comment communiquer efficacement à l’ère de la désinformation ?Comment redonner du crédit au discours de marque à l’ère de la défiance ?

constance wiblé🚀 🚀 Rencontre avec Constance Wiblé, Directrice de la Marque et de la Communication d’Allianz France et membre du Club We Are COM.
Sa conviction ? La communication de marque n’est plus un simple outil d’image, mais un levier d’engagement citoyen. 🤓 Parce qu’aujourd’hui, communiquer, c’est aussi choisir de s’engager, explorons la vision, les convictions et les prises de position d’Allianz France.

Bonjour Constance, pour commencer, comment définiriez-vous la communication d’entreprise en 2025 ?

Vaste question… Je dirais que la communication est une discipline à la fois audacieuse et responsable. Audacieuse, parce que communiquer dans un univers saturé, auprès d’une audience toujours plus méfiante, est un véritable challenge. Responsable, car dans un monde extrêmement chahuté par l’information, le communicant doit redonner du crédit aux entreprises et aux institutions, délivrer des messages de qualité et restaurer la confiance.

En effet, communiquer responsable va bien au-delà des enjeux environnementaux en 2025. C’est une démarche citoyenne à adopter pour lutter contre un phénomène croissant et préoccupant : la désinformation.

La campagne contre le cyber harcèlement

Pourquoi avoir choisi de vous engager sur le sujet du cyberharcèlement ?

Nous n’avons pas choisi la problématique du cyber harcèlement, elle s’est imposée à nous ! En tant qu’assureur, nous sommes sollicités pour traiter de sujets sérieux dans des moments importants. Toutefois, dans ces conditions, qu’en est-il du lien de proximité ? C’est dans une volonté de se rapprocher de nos clients, que nous avons choisi d’aborder des sujets qui dépassent parfois le cadre de l’assurance.

Il existe un vrai besoin d’accompagnement autour des problématiques numériques, tant juridiquement que psychologiquement. Nos nombreux partenariats sportifs sont autant d’occasions de sensibiliser aux infâmes assauts des trolls qui touchent le monde du sport. En effet, plus une personnalité est exposée, plus elle est victime de cyberharcèlement. Pour les sportifs, derrière chaque victoire se cache « le revers de la médaille », comme le rappelait notre campagne du même nom menée en 2024, à l’occasion des JOP de Paris 2024, dont Allianz était partenaire.

Plus récemment, c’est le suicide d’une jeune fille cyberharcelée et la sortie de la série Adolescence qui ont ravivé cette volonté de prendre la parole sur le sujet. En devenant numérique, le harcèlement se cache désormais derrière de nouvelles pratiques très dangereuses. Je pense notamment à l’algospeak, ce langage codé des jeunes, capable de déjouer les algorithmes et la censure.

Nous n’avons pas choisi la problématique du cyber harcèlement, elle s’est imposée à nous !

Pouvez-vous nous présenter votre campagne ?

Justement, cette campagne dénonce l’algospeak. C’est avec Ogilvy Paris, que nous avons pris le parti de réaliser une campagne d’affichage qui doit se lire à deux. Elle n’est compréhensible par les adultes qu’avec l’aide d’un adolescent ou d’un glossaire (accessible depuis un QR Code). Cette prise de risque, qui nous a donné quelques sueurs froides, a finalement rencontré un succès incroyable.

FRANCE - CAMPAGNE ALLIANZ CYBERHARCELEMENT

L’idée ? Ne pas simplement dénoncer l’algospeak, mais véritablement sensibiliser sur cette pratique, que la grande majorité des adultes est convaincue de maîtriser. Saviez-vous que si 75% des Français sondés pensent maîtriser ce langage, en réalité seule 1,3% étaient capables de déchiffrer correctement 6 exemples concrets ? Le résultat de cette étude que nous avons mené avec Occurrence (groupe IFOP) pour approfondir notre connaissance de l’algospeak est plutôt inquiétant…

Aussi, si à notre petit niveau, nous avons pu faire reculer ne serait-ce qu’un peu cette horreur qu’est le cyberharcèlement, en réinstaurant un dialogue entre les générations, c’est déjà une grande fierté. Et pour aller encore plus loin dans ce combat, nous avons signé un partenariat avec l’association Génération Numérique, afin de former, dans les écoles primaires et les collèges, plus de 2500 enfants à ces sujets-là.

Comment trouver le bon dosage entre émotion et responsabilité, surtout sur un sujet aussi sensible ?

Le sujet n’est pas que sensible, il est grave ! On parle d’enfants en détresse qui peuvent aller jusqu’à se donner la mort, c’est glaçant.

Pour trouver le bon dosage, il faut se questionner et se requestionner sans arrêt. L’espace de manœuvre n’est pas large, il ne faut tomber ni dans la convenance, ni dans l’indécence. Je dirais que le secret c’est l’intelligence collective, c’est en dialoguant et en se challengeant en permanence qu’on parvient à communiquer juste.

Le sujet n’est pas que sensible, il est grave ! 

Justement, quels autres enseignements tirez-vous de cette campagne ?

Nous avons été confortés sur une chose : nous sommes au bon endroit ! Les entreprises doivent prendre la parole sur les sujets de société, participer aux grands débats et faire avancer les choses. Je suis convaincue que c’est là que nous sommes attendus.

La communication chez Allianz France

Comment travaillez-vous la cohérence entre vos prises de parole externes et votre communication interne ?

La question ne se pose même pas. Nos prises de parole sont pensées de la même manière, quelle que soit notre audience. Personnellement, je ne crois pas au cloisonnement entre la communication interne et la communication externe. Ces deux disciplines sont fondamentalement poreuses.

Allianz France est une marque d’assurance perçue comme institutionnelle : comment parvenez-vous à injecter de la proximité à vos communications ?

En faisant preuve de créativité et en sortant des sentiers battus. Nous assumons notre côté décalé en injectant du fun à nos communications : calembours, comptines…En parallèle, nous nous engageons sur le territoire avec nos partenariats sportifs ou encore à travers notre opération de mécénat « Le plus grand musée de France », visant à protéger les œuvres parfois oubliées de nos communes.

Récemment, c’est la Place de la Concorde que nous avons investie, en clin d’œil au relai de la flamme des Jeux de Paris. Nous avons voulu faire revivre aux Parisiens, pour quelques instants, cette fierté et cette joie olympique, en détournant l’iconique photo du BMX volant au-dessus de l’obélisque en un cliché de saut à ski prodigieux, annonçant les prochains Jeux d’hiver. Et voilà ce que ça donne.

Photo Jump to Cortina - Odieux Boby - Fisheye Manufacture

Enfin, la communication d’entreprise vit une véritable transformation, notamment avec l’IA, comment vous adaptez-vous ?

La communication est en perpétuelle transformation. Les mutations font partie intégrante du quotidien d’un communicant. S’adapter, c’est l’essence même de nos métiers.

Plus concrètement, concernant l’IA, nous avons pris le sujet de front chez Allianz France. Je dirais que notre relation à ces nouvelles technologies est assez mature, nous testons, nous pratiquons et nous avons d’ores et déjà réalisé notre première campagne 100% IA.

3 choses à savoir sur Constance Wiblé

Son mantra ? « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. » Une citation de René Char qui accompagne Constance au quotidien.

Sa campagne de COM préférée ? Constance apprécie tout particulièrement les campagnes Buzzman pour IKEA. Sa préférée ? Ce spot d’une grande humanité qui n’est jamais loin de la faire pleurer.

Ses passions et engagements ? Côté passion, c’est sans hésiter qu’elle nous répond « le golf et la randonnée ». Côté engagement, Constance met ses compétences de communicante au service d’associations pour les personnes fragiles.

Visuels : Freepik

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