Personal Branding : (de)venez comme vous êtes

C’est le grand paradoxe des communicants, comme des cordonniers : valoriser une entreprise, c’est ce qu’on sait faire de mieux. Or quand il s’agit de parler de nous-même, c’est une autre affaire ! Alors que nous sommes amenés à coacher nos dirigeants ou à développer l’ambassadorat des collaborateurs sur les réseaux sociaux, nous nous devons d’être exemplaires. Go pour une séance de personal branding avec Frédéric Fougerat, himself !

Le personal branding, quésaco ?

Le personal branding est un moyen efficace de prendre sa place dans un environnement professionnel et d’y rencontrer sa communauté. Mais pour engager, il n’y a pas de secret. Une bonne stratégie de communication personnelle, c’est avant tout une ligne éditoriale lisible et des contenus pertinents comme nous l’explique Frédéric Fougerat, directeur communication, marketing, expérience client et RSE du groupe Foncia. Ce manager au cœur de l’entreprise est aussi un des dircoms les plus connectés en France, avec plus de 22 000 followers sur Twitter. La clé de sa réussite ? Pas de position personnelle. Seulement des convictions de communicant. En bref, une vision d’expert avant tout !

Frédéric, le Personal Branding, est-ce indispensable à notre carrière ?

Frédéric Fougerat : Je ne suis pas certain que le Personal Branding soit indispensable mais c’est un énorme « plus » dès le recrutement. En effet, un recruteur peut facilement trouver des informations sur vous en tapant votre nom sur un moteur de recherche. Qu’il aille sur LinkedIn, Google, ou n’importe quel autre réseau social cela va avoir un impact positif ou négatif sur la perception que l’on a de vous. En bref, il est préférable de ne pas avoir de Personal Branding plutôt que d’avoir un mauvais Personal Branding. Et c’est valable à tous les niveaux hiérarchiques puisque du stagiaire au président d’une entreprise, chacun peut jouer sur son influence et sur ses propres réseaux pour promouvoir sa marque. Chacun peut ainsi nuire ou avoir un apport positif sur l’entreprise et sa réputation.

Comment construire une ligne éditoriale pertinente ?

F.F. : Il faut d’abord savoir pourquoi on fait les choses ! Si je sais pourquoi, je vais alors pouvoir décider de ma ligne éditoriale :

  1. Pourquoi je choisis un réseau social plutôt qu’un autre ?
  2. Qu’est-ce que je décide d’y faire ?
  3. Comment je veux être identifié ?
  4. Qu’est-ce que j’ai à partager ?

Dans mon cas, je partage depuis très longtemps des sujets sur la communication. J’avais créé à l’origine dircomleblog, puis j’ai basculé sur Twitter pour continuer de partager ma vision de communicant. J’ai choisi Twitter parce que je suis avant tout un observateur et cela me permet d’accéder à des informations, à des personnalités que je ne pourrais pas suivre autrement. En parallèle, je suis aussi un contributeur : des informations que je collecte à ma passion pour mon métier, j’aime partager ma vision.

Faut-il mélanger les univers professionnel et personnel ?!

F.F. : Imaginer un vétérinaire parler de son activité et montrer les animaux avec lesquels il vit, cela sera cohérent et fonctionnera. Ce n’est pas applicable à tous les métiers ou toutes les fonctions. Par exemple, il n’est pas évident de partager des opinions personnelles, en tant que communicant, même si on en a envie. Mais avoir une ligne éditoriale ne veut pas dire avoir un sujet unique. Par exemple ma ligne éditoriale c’est la communication, le management et la RSE. Elle est ouverte tout en restant centrée sur mes domaines d’activité et d’expertise professionnelle.

Comment engager sa communauté ?

F.F. : Avant d’engager, il faut commencer par animer sa communauté. Pour ma part, j’adresse un message personnel à chaque nouveau follower. Ensuite, je m’emploie à répondre à 100% des messages privés qui me sont adressés. Pour ce qui est de l’engagement, je me suis rendu compte de manière empirique de ce qui fonctionnait. Par exemple, si je poste ma photo en illustration d’un tweet, j’ai 10 fois plus d’engagement. D’une manière générale, il faut illustrer ses tweets, avec un visuel, une vidéo, etc. Enfin, je constate qu’il y a deux moments qui fonctionnent très bien avec ma communauté : le mardi matin et le jeudi matin.

Faut-il des contenus spontanés ou programmés ?

F.F. : A vrai dire, j’ai très peu de contenus spontanés puisque je ne suis jamais dans la réaction et rarement dans l’actualité chaude. J’ai des idées toute la journée et au fur et à mesure que les sujets viennent, je rédige des tweets, les mets en brouillons et les dispatche dans la journée ou dans la semaine. Je choisis d’aborder des sujets plus ou moins légers selon que la diffusion se fasse la semaine ou le week-end.   

Des conseils pour ceux qui veulent se lancer ? Des pièges à éviter ?

F.F. : Je citerais le conseil donné par Jonathan Chan (@ChanPerco) dans une mini-série d’interviews d’influenceurs, que je viens de diffuser : « Lancez-vous ! Le principal écueil consiste à vouloir trop bien faire sur sa stratégie à établir sur Twitter. Ce sont des plateformes dont les usages évoluent rapidement, il est plus judicieux d’être moins exigeant sur la stratégie et puis de s’adapter au fur et à mesure. ». Autrement dit, c’est aussi en testant des choses que l’on définit sa stratégie éditoriale.

Concernant les pièges à éviter, je pense qu’il ne faut pas essayer d’aborder tous les sujets au risque de se laisser déborder. Ensuite, certaines personnes peuvent vous polluer ou vous heurter, il faut les ignorer ou les bloquer. Vous n’êtes pas obligé de garder un lien les socionautes qui vous manquent de respect. Le piège est de vouloir rentrer dans un échange avec eux. Il ne faut pas oublier que nous sommes exposés publiquement et que nous pouvons être lynchés en tant qu’individu. Parfois même de façon très injuste par des personnes hystériques qui ne vous connaissent pas.

Être communicant, est-ce s’occuper du Personal Branding des autres ?

F.F. : Personnellement, c’est ce que j’ai beaucoup fait au cours de ma carrière, notamment au niveau de l’employee advocacy. Quand j’étais dircom du groupe Altran, nous nous adressions à une population très connectée mais peu appétente pour les réseaux-sociaux. J’ai donc lancé la campagne mondiale « master your reputation » dans 26 pays pour partager des outils de communication et sensibiliser aux risques. Chez Elior groupe, les populations étaient très différentes. Nous avons donc créé la campagne (toujours en cours) « We are socializers » pour proposer des formations aux réseaux sociaux par niveau (du plus novice au plus expérimenté).

Quant au dirigeant il y a deux catégories : il y a ceux qui aiment la lumière et ceux qui préfèrent vivre cachés. Pour ces derniers, il est parfois indispensable de s’exposer et d’incarner l’entreprise !

Quels sont les meilleurs exemples à suivre ?

F.F. : Ils sont nombreux, mais pour n’en citer que quelques-uns :

  • Béatrice Mandine, directrice de la communication du groupe Orange
  • Marie-Christine Lanne, directrice de la communication externe et engagements sociétaux chez Generali France (souvent dans les tops 10 et top 50 des directrices communication les plus influentes)
  • Eric Lemaire, directeur de la communication, de la marque et de la RSE d’Axa France
  • Dominique Kalif directeur de la communication du réseau CIE de la Côte d’Ivoire
  • Toba Tanama directeur de la communication de la Présidence de la République Togolaise

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