Psychologie de la COM : 10 biais cognitifs à déconstruire !

Psychologie de la COM 10 biais cognitifs à déconstruire !

Ça va plaire aux clients, c’est évident !Hum, après la lecture de cet article, vous ne vous réjouirez plus aussi facilement… 😳 En psychologie, derrière chaque simulacre d’évidence, se cachent des biais cognitifs bien installés. 🧠 Ben oui, derrière chaque insight, chaque persona, chaque message… Il y a un filtre : le vôtre. 

Invisible, rapide et confortable, le biais semble vous simplifier la vie, tandis qu’en fait, il fausse toute votre stratégie. 👀 Alors, comment déjouer les pièges tendus par notre cerveau ? Comment être certain de ne pas s’orienter vers une mauvaise perception de la réalité ? 👉 Bonne nouvelle, un biais cognitif, ça se corrige et ça commence ici !  

#1 – Le biais de confirmation 

Le biais de confirmation est l’un des mécanismes les plus connus en psychologie cognitive. En fait, par pure économie d’énergie, notre cerveau préfère valider une croyance existante que d’en construire une nouvelle. Il ne cherche pas la vérité, il veut avoir raison ! 

C’est un peu comme un filtre insta permanent, qui déformerait votre réalité en confirmant successivement de fausses idées. Autrement dit, votre cerveau choisit de voir ce qu’il a envie de voir, un point c’est tout.  

🚨 Le risque en COM ? Ne sélectionner que les insights qui valident votre reco et ignorer (inconsciemment) tout ce qui ne conforte pas votre croyance. C’est probablement le biais le plus structurant et le plus dangereux, puisqu’il peut surgir dès la formulation du brief.  

🔫 Comment déconstruire le biais de confirmation ? Formulez explicitement l’hypothèse inverse. Quels arguments contredisent votre idée de départ ? Pour encore plus de vérité, confiez à l’un de vos collaborateurs le rôle de l’avocat du diable. Ce contradicteur officiel devra systématiquement tout contester, pour des réunions plus animées.  

#2 – Le biais d’ancrage 

Ce biais repose sur un mécanisme simple : la première information reçue est toujours la bonne. En fait, votre cerveau n’aimant pas repartir de zéro, va faire de la première information reçue une ancre mentale. C’est ainsi qu’une donnée biaisée peut influencer vos jugements, vos estimations et vos décisions. 

Vous savez, le biais d’ancrage, c’est quand un prix mal rayé apparait sur l’étiquette du vêtement que vous voulez acheter. Est-ce qu’on sait que c’est du marketing ? Oui ! Est-ce que ça fonctionne ? Eh bien oui, aussi !  

biais d'ancrage
« Je déteste les maths depuis le Primaire… »

🚨 Le risque en COM ? Dans nos métiers, les ancrages se cachent partout : chiffres, études, insights… Trop souvent, on pense construire une vraie réflexion, alors qu’on est simplement en train de négocier avec un point de départ imposé. Méfiez-vous donc des données capables de (des)orienter vos stratégies.  

🔫 Comment déconstruire le biais d’ancrage ? Prenez le temps d’étudier le point de départ de votre réflexion. Cette idée est-elle solide ou arbitraire ? Si je n’avais pas cette info, qu’est-ce que ça changerait ? 

#3 – L’effet de halo 

L’effet de halo est un biais de généralisation. C’est-à-dire que notre cerveau va opérer un raccourci pratique, mais pas fiable, qui, par généralisation est capable de contaminer toute une perception.  

Si ça fonctionne ici, pourquoi ça ne fonctionnerait pas là ?” Ce n’est pas parce que ça vous arrangerait, que ça doit forcément être vrai ! Attention donc aux caractéristiques positives qui influencent votre jugement. Le bon détail ne fait jamais la globalité.  

🚨 Le risque en COM ? En communication, ce biais agit comme un amplificateur irrationnel, transformant la perception en raccourci décisionnel dangereux. Non, un porte-parole crédible ne rend pas un discours crédible. Non, une campagne esthétique ne fait pas une campagne efficace. Et la liste est encore longue…  

🔫 Comment déconstruire l’effet de halo ? Dissociez le fond de la forme : ce n’est pas parce qu’une idée est séduisante qu’elle est pertinente. Prenez le temps d’évaluer chaque élément indépendamment, sans laisser une qualité masquer la réalité. Et surtout, retirez les artifices : sans le design ou le storytelling, votre idée tient-elle encore ? 

#4 – Le biais de disponibilité 

Le cerveau évalue la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle il matérialise mentalement cet événement. Pour lui, plus une information est marquante ou récente, plus elle est importante.  

Autrement dit, ce qui est rendu visible parait plus vrai. C’est pourquoi les crashs d’avion marquent plus que les vols sans incident. Ça n’a rien de rationnel, c’est un biais directement lié à la mémoire et à l’exposition. 

biais de disponibilité
«  C’est fou, tout le monde pense comme moi, non ?  »

🚨 Le risque en COM ? Se faire complètement avoir par les réseaux sociaux. Ce phénomène est-il véritablement fréquent, ou simplement amplifié par l’infobésité ? Ne normalisez pas ce à quoi vous êtes exposés régulièrement, au risque de construire des prises de parole complétement déconnectées de la réalité.  

🔫 Comment déconstruire le biais de disponibilité ? Ne négligez jamais les signaux faibles et ne succombez pas au fameux “tout le monde fait ça”. Quelles données silencieuses sont passées sous vos radars ? Quelles réalités moins visibles racontent une autre histoire ? Replacez chaque information dans son contexte, vérifiez sa fréquence réelle et allez chercher ce que vous ne voyez pas. 

#5 – Le biais de cadrage 

La façon de poser un problème change la perception et influence la décision. Le biais de cadrage, c’est un peu la théorie du verre à moitié plein et du verre à moitié vide.  

Le cerveau ne traite pas une information de manière neutre, il est extrêmement sensible à la formulation. Aussi, parler de 90% de réussite ou de 10% d’échec, c’est techniquement la même chose, mais pas cérébralement.  

biais de cadrage
« 100% des gagnants ont joué »

🚨 Le risque en COM ? Partant du principe que la manière de poser une question oriente invariablement la réponse, le plus grand risque est une problématique mal formulée. En COM, cadrer, c’est déjà influencer ! 

🔫 Comment déconstruire le biais de cadrage ? Challengez les mots que vous utilisez ! Est-ce que mon problème est bien posé ? Que se passe-t-il si je reformule autrement ? “Toucher les jeunes” ne signifie pas “être utile aux 18-25 ans”. Les mots ont un sens, ne les sous-estimez pas.  

#6 – Le biais de surconfiance 

Ah l’excès de confiance ! Il est partout et même dans notre inconscient. Le biais de surconfiance, c’est tout simplement surestimer nos capacités : nos connaissances et nos intuitions. “Je le sens bien” n’a jamais été une réalité statistique ! 

Et le pire dans tout ça, c’est que plus on s’y connait, plus on est expert d’un sujet, plus on peut se laisser biaiser par ce biais. Oui, car cette illusion de contrôle se renforce au gré des réussites passées.  

🚨 Le risque en COM ? Ne pas challenger ses intuitions et prendre des décisions trop rapidement, sans validation. Attention surtout aux profils expérimentés : n’oubliez pas que l’expérience devient un angle mort si elle n’est pas correctement challengée. Le monde change et les pratiques de la COM avec.  

🔫 Comment déconstruire le biais de surconfiance ? Associez vos intuitions émotionnelles à des données très rationnelles, telles que la data. Demandez-vous sur quoi repose votre certitude et challengez cette source. Vous pouvez également instaurer un “taux d’incertitude” à chacune de vos réflexions, une manière de formaliser officiellement ce qui risquerait de rater.  

#7 – Le biais de simplification 

Paresse toujours… Face à la complexité, le cerveau simplifie pour aller plus vite. Il adore créer des catégories, des raccourcis et des narratifs, pour ranger ses idées plus facilement, même si pour cela, il faut déformer la réalité.  

En fait, notre cortex frontal préfère une histoire simple à une réalité complexe, à l’image de ces moments où l’on tranche un peu trop vite : quand on juge une idée en quelques secondes, sans lui laisser le temps d’exister.  

🚨 Le risque en COM ? En communication, le biais de simplification est partout ! Des personas caricaturaux, des comportements réduits à une logique unique, des insights trop lisses pour être vrais. Pourtant, une cible simplifiée, c’est une stratégie affaiblie.  

🔫 Comment déconstruire le biais de simplification ? Le plus important pour lutter contre ce biais, c’est de réintroduire la nuance dans vos réflexions. Pourquoi ne pas cartographier les contradictions et les complexités que vous évitez ? En identifiant ce que votre cerveau cherche à simplifier, vous en apprendrez beaucoup sur vous.  

#8 – Le biais de répétition 

Le cerveau confond familiarité et vérité. Même sans preuve tangible, une information répétée et rabâchée semblera toujours plus crédible qu’une information nouvelle, mais vraie.  

Le biais de répétition, c’est lorsque votre cerveau se permet d’arrêter de fonctionner, parce que selon lui, il sait. Mais si, vous aussi vous avez dû utiliser cette expression un peu nulle, sans trop savoir pourquoi, simplement parce que vous l’aviez trop entendu…  

🚨 Le risque en COM ? Dans un écosystème complètement saturé, une information qui émerge peut altérer votre perception de la réalité. C’est ainsi qu’une idée répétée peut prendre la forme d’une tendance ou encore qu’une opinion réitérée peut s’apparenter à un fait. Résultat ? On finit par communiquer sur des évidences… qui n’en sont pas. 

🔫 Comment déconstruire le biais de répétition ? Enquêtez ! Remontez aux origines de l’info, vérifiez la robustesse des sources, croisez les références et surtout méfiez-vous des évidences “mainstream”.  

#9 – Le biais d’engagement 

Le biais d’engagement résulte d’un mécanisme de cohérence interne. Pour se sentir rassuré, le cerveau a besoin de rester aligné sur ses décisions passées. En d’autres termes, plus il investit de temps, d’énergie, et même d’égo, plus notre cerveau est en attente d’un retour sur investissement. 

Entre nous, ça ne vous est jamais arrivé de terminer une série nulle, simplement parce que vous aviez regardé plus de la moitié ? Ce qu’il faut retenir : le cerveau préfère rester accroché à une mauvaise idée, que d’abandonner.  

biais d'engagement
Source : https://bloculus.com/

🚨 Le risque en COM ? Ne pas consentir à revenir en arrière, à rechallenger une idée validée ou à recommencer un travail déjà relativement bien avancé. En gestion de projet, le biais d’engagement constitue un vrai danger, puisque sur la durée, il est capable de transformer une simple mauvaise idée, en un vaste projet.  

🔫 Comment déconstruire le biais d’engagement ? On sait que repartir de zéro est très frustrant. Avant d’en arriver là, demandez-vous simplement quels nouveaux choix vous feriez, si vous deviez vraiment tout recommencer. Finalement, vous aurez peut-être juste à pivoter… Et sinon, pensez à séparer l’idée de l’égo !  

#10 – Le biais d’auto-centrage 

“Moi, moi, moi et moi.” Fondamentalement égocentrique (mais ça, on commence à la comprendre) le cerveau projette sa propre vision sur les autres. Il utilise son expérience personnelle comme unique référence pour comprendre et appréhender le monde qui l’entoure.  

Pourquoi ce mécanisme ? Parce que ça demande moins d’effort de fonctionner en terrain connu que de comprendre les autres. Résultat ? Vous évaluez une idée à partir de votre prisme, un peu comme ce copain qui met la musique en soirée… pensant sincèrement que tout le monde adore sa playlist. Ce n’est pas de l’égoïsme, juste son biais d’auto-centrage.  

🚨 Le risque en COM ? C’est un biais extrêmement limitant : réduisant la singularité de votre cible à néant. Lorsque le communicant devient sa propre cible, c’est rarement une bonne stratégie.  

🔫 Comment déconstruire le biais d’auto-centrage ? Testez vos cibles ! On parle de tests sur des cibles bien réelles, pas sur votre équipe de COM. Sortez de votre propre référentiel : observez, écoutez, confrontez. Et surtout, méfiez-vous des idées qui vous ressemblent un peu trop. 

Visuels : Freepik

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