Veille avec l’IA : 3 méthodes pour l’automatiser avec ChatGPT, Claude et Dust

des yeux bleux qui se détache sur un fond bleu, avec des vagues de papiers

Tout le monde fait de la veille. Enfin, tout le monde le dit ! 👀 Dans les faits, elle ressemble souvent à une alerte Google oubliée, trois newsletters jamais ouvertes et un collègue qui nous transmet l’information importante deux jours après tout le monde. Et si l’intelligence artificielle nous aidait à changer la donne ?

Veille concurrentielle, réglementaire, sectorielle ou réputationnelle : l’IA permet aujourd’hui d’automatiser une partie de la collecte, de qualifier les informations et même de produire des livrables prêts à être diffusés. Mais entre une simple recherche dans ChatGPT et une cellule de veille pilotée par plusieurs agents IA, il existe différents niveaux de sophistication. La team We Are COM a testé trois approches pour vous aider à trouver celle qui correspond à vos besoins. Méthodes, outils et retours d’expérience : on vous ouvre le capot !

Avant toute chose : une veille n’est pas une recherche Google améliorée

Demander à une intelligence artificielle « Quelles sont les dernières actualités de mon secteur ? » ne suffit pas à construire un dispositif de veille. Une véritable veille repose sur un processus structuré et récurrent. Il faut définir un périmètre, identifier des sources fiables, collecter les informations, les qualifier, les hiérarchiser et les transmettre aux bonnes personnes.

La différence ? Une recherche répond à une question ponctuelle. Une veille permet de suivre un sujet dans la durée, d’anticiper des évolutions et d’éclairer les décisions.

Avant de vous précipiter sur un outil d’IA, commencez donc par répondre à quelques questions : à qui s’adresse votre veille ? Quel est son objectif ? Quels sujets doit-elle couvrir ? Quelles sources privilégier ? À quelle fréquence collecter les informations ? Et surtout, sous quelle forme les restituer ? La qualité de votre dispositif dépendra largement de ce cadrage initial.

Autre principe essentiel : toutes les sources ne se valent pas. Pour une veille réglementaire, par exemple, les publications officielles des autorités et les textes juridiques constituent les références prioritaires. Les médias spécialisés, les cabinets d’experts ou encore les travaux universitaires permettent ensuite d’enrichir l’analyse et d’identifier les conséquences concrètes pour votre organisation.

Une fois ces fondations posées, plusieurs possibilités s’offrent à vous 👀

Niveau 1 : créer une veille automatisée en quelques minutes avec ChatGPT

Pour qui ? Les communicants qui souhaitent surveiller régulièrement un sujet, sans disposer d’un outil de veille spécialisé ni de compétences techniques particulières.

C’est l’approche la plus accessible. Elle repose sur une fonctionnalité particulièrement intéressante de ChatGPT : les tâches planifiées. Le principe est simple : vous définissez une mission et une fréquence d’exécution. ChatGPT effectue ensuite cette recherche de manière récurrente, sans que vous ayez besoin de lui soumettre à nouveau votre demande.

Cas pratique : surveiller la communication de ses concurrents

Imaginons que vous soyez responsable communication dans le secteur de la grande distribution. Vous souhaitez suivre les campagnes et les prises de parole de trois acteurs : Intermarché, E.Leclerc et Carrefour. Plutôt que de consulter régulièrement leurs sites Internet, leurs comptes LinkedIn et les médias professionnels, vous pouvez demander à ChatGPT de réaliser cette recherche chaque semaine.

ChatGPT taches planifiees

Exemple de prompt

Chaque vendredi matin, recherche les annonces publiques récentes d'Intermarché, d'E.Leclerc et de Carrefour sur le marché de la grande distribution. Couvre les sept derniers jours. Ne retiens que les nouveautés ayant un enjeu de communication : campagne publicitaire, positionnement de marque, partenariat, communication de crise ou prise de parole d'un dirigeant. Pour chaque information, indique le fait vérifiable, sa date de publication, le lien direct vers la source, son intérêt pour un communicant et une éventuelle action à envisager. Distingue les faits des interprétations et signale toute incertitude. Évite les doublons d'une semaine à l'autre. Si aucune nouveauté significative n'est identifiée, indique-le plutôt que de compléter artificiellement la sélection. Programme cette veille de manière hebdomadaire.

Il suffit ensuite de vérifier les paramètres de la tâche et d’activer les notifications souhaitées.

ChatGPT taches planifiees details

Ce que l’IA fait réellement

Chaque semaine, ChatGPT effectue une recherche sur les actualités disponibles, sélectionne celles qui correspondent à vos critères et prépare un briefing. Vous obtenez ainsi une première synthèse organisée, accompagnée de liens vers les sources. Vous pouvez ensuite approfondir les sujets les plus pertinents et les partager avec votre équipe.

Notre conseil : soignez les critères de sélection ! Un prompt trop généraliste risque de faire remonter des informations anecdotiques. Précisez ce qui constitue une actualité importante pour votre métier et ce que vous souhaitez exclure.

Les limites de cette approche

Cette méthode est idéale pour créer une première routine, mais elle ne garantit pas une surveillance exhaustive. Certaines publications peuvent échapper aux recherches, notamment les contenus peu indexés, les articles réservés aux abonnés ou certaines prises de parole sur les réseaux sociaux. Il faut donc conserver un regard critique sur les résultats et vérifier les informations avant leur diffusion.

Le bénéfice : vous disposez d’un premier assistant de veille, sans code, sans intégration complexe et avec un paramétrage minimal.

Niveau 2 : structurer sa veille et produire des livrables avec Claude

Pour qui ? Les communicants qui souhaitent aller au-delà de la collecte pour transformer leurs informations en contenus éditoriaux : revue de presse, note de synthèse, briefing stratégique ou newsletter.

Avec cette deuxième approche, nous ne cherchons plus simplement à recevoir une liste d’actualités. Nous souhaitons organiser leur traitement et produire un livrable homogène, directement exploitable.

Cas pratique : créer une newsletter de veille réglementaire

Notre ambition : proposer aux membres du Club We Are COM une newsletter mensuelle présentant les évolutions réglementaires susceptibles d’intéresser les communicants, avec un contenu adapté à leur secteur d’activité. Nous avons imaginé une architecture éditoriale reposant sur deux rubriques. La première rassemble les actualités juridiques communes à tous les communicants : RGPD, AI Act, publicité, influence commerciale, propriété intellectuelle ou accessibilité numérique. La seconde propose un focus sectoriel. Pour notre premier prototype, nous avons choisi la banque-assurance, avec une surveillance des publications de l’AMF, de l’ACPR et des autorités européennes, notamment sur les questions de publicité financière et d’information des consommateurs. Notre première expérimentation avec Claude nous a permis d’aller du sourcing jusqu’à la génération d’une véritable newsletter HTML.

Une méthode en plusieurs temps

Plutôt que de demander à Claude de rechercher, sélectionner, rédiger et mettre en page les actualités dans une seule instruction, nous recommandons de décomposer le travail.

  1. La première étape consiste à constituer un corpus fiable. L’IA recherche les informations sur une période définie et conserve systématiquement leur date, leur source originale et leur lien.
  2. Vient ensuite la qualification : identifier les doublons, distinguer les nouveautés des informations anciennes et évaluer l’intérêt de chaque actualité pour les communicants.
  3. L’équipe effectue alors une première validation éditoriale. Quelles informations méritent véritablement d’être partagées ?
  4. Claude peut ensuite transformer cette sélection en brèves homogènes, en respectant un format et une ligne éditoriale précis.
  5. Après une seconde relecture humaine, l’IA peut enfin intégrer les contenus validés dans un modèle de newsletter.

L’intérêt de cette méthode ? L’IA intervient tout au long du processus, mais les décisions éditoriales restent humaines.

Zoom sur les Skills (compétences) : une fonctionnalité particulièrement intéressante

Pour faciliter ce travail, Claude propose des Skills, ou compétences personnalisées. L’idée est de formaliser une méthode métier réutilisable : vos règles éditoriales, vos sources prioritaires, vos critères de sélection, vos formats de restitution ou encore votre charte graphique.

Skills Claude

Par exemple, vous pouvez créer une compétence spécialisée dans la rédaction de brèves réglementaires. Elle précisera systématiquement la longueur attendue, les informations obligatoires, les formulations à éviter et les contrôles à effectuer. L’avantage : vous n’avez plus besoin de répéter l’ensemble de ces instructions à chaque nouvelle conversation. La compétence pourra être mobilisée dans différents travaux.

Notre recommandation consiste à créer des Skills spécialisés plutôt qu’une compétence universelle. Une compétence dédiée à la qualification des actualités, une autre à leur rédaction, une troisième à la mise en forme des livrables : chacune répond à un besoin précis. Le Skill définit comment traiter l’information. Une tâche planifiée détermine quand réaliser ce traitement. Et le communicant reste responsable de ce qui sera diffusé.

Les limites de cette approche : même parfaitement configuré, Claude ne garantit pas la fiabilité de toutes les informations collectées. Lors de notre premier prototype, nous avons notamment identifié une actualité réglementaire présentée comme récente alors que sa publication originale était antérieure à la période couverte. Un excellent rappel : une source fiable ne garantit pas automatiquement une information correctement contextualisée ! Autre limite : lorsque plusieurs personnes ou plusieurs secteurs doivent intervenir dans le processus, la gestion des validations et des différentes versions peut devenir complexe.

C’est précisément là qu’une troisième approche prend tout son sens 👀

Niveau 3 : construire une véritable cellule de veille multi-agents avec Dust

Pour qui ? Les directions de la communication qui souhaitent industrialiser leur veille, coordonner plusieurs traitements et créer des processus récurrents impliquant différents agents IA et des validations humaines.

Avec cette approche, nous changeons de logique. Il ne s’agit plus de demander à une IA de réaliser successivement plusieurs missions, mais de créer plusieurs agents spécialisés, chacun disposant de son propre rôle, de ses instructions et de ses outils. Pour expérimenter cette organisation, nous avons poursuivi notre projet de veille réglementaire We Are COM avec Dust, une plateforme de création et d’orchestration d’agents IA.

Notre expérimentation : cinq agents et une cellule de veille

Nous avons commencé par créer deux agents de recherche.

  • Le premier est spécialisé dans les actualités juridiques de la communication. Il surveille notamment les publications de la CNIL, de l’ARPP, de l’Arcom et des institutions européennes.
  • Le deuxième se concentre sur la réglementation du secteur banque-assurance, en s’appuyant sur les publications des autorités compétentes.

Ces agents disposent d’instructions permanentes précisant leur périmètre, leurs sources prioritaires, leurs critères de sélection et le format attendu des résultats. Grâce aux déclencheurs programmés de Dust, ils peuvent effectuer leurs recherches chaque semaine.

Nous avons ensuite créé un espace de travail partagé, appelé Pod, qui centralise les conversations, les fichiers et les tâches. C’est dans cet environnement qu’intervient un troisième agent : le coordinateur. Le coordinateur a pour mission de récupérer les résultats des deux agents de veille, de les consolider, d’identifier les doublons et de produire un tableau de présélection. Chaque actualité dispose d’un identifiant, d’une catégorie, d’une date, d’une source et d’une évaluation de son intérêt pour les communicants. L’IA peut ainsi proposer une hiérarchisation des informations, mais elle n’est pas autorisée à décider seule des actualités publiées. Une première validation humaine intervient obligatoirement avant la rédaction. Une fois les sujets retenus, un quatrième agent spécialisé dans la rédaction transforme les informations validées en brèves conformes à la ligne éditoriale We Are COM. Les contenus font ensuite l’objet d’une seconde relecture humaine. Enfin, un cinquième agent se charge de la mise en page : il intègre les textes approuvés dans notre modèle HTML et prépare le fichier destiné à notre solution d’emailing.

L’automatisation d’une newsletter de veille sur Dust

Ce que nous avons appris en construisant cette cellule

Notre expérimentation a permis de tester les principales étapes de ce workflow, de la recherche d’informations jusqu’à la génération de la newsletter. Elle nous a aussi confrontés à des questions très concrètes : comment garantir que les liens vers les sources originales sont conservés lorsqu’une information passe d’un agent à un autre ? Comment retrouver une décision éditoriale prise plusieurs jours auparavant ? Comment empêcher un agent de rédiger une actualité qui n’a pas été validée ? Et comment éviter de déclencher deux fois la production d’une même newsletter ?

Autant de questions qui montrent que l’automatisation n’est pas simplement un problème d’outillage : c’est aussi un enjeu d’organisation et de gouvernance. Nous avons notamment choisi de conserver des fichiers de référence pour chaque étape importante, afin de documenter les informations collectées et les validations accordées.

Le véritable intérêt des agents IA

Dans cette organisation, chacun dispose d’une mission précise. Les agents de recherche collectent, le coordinateur consolide, l’agent éditorial rédige et l’agent HTML met en forme. L’équipe COM conserve la responsabilité des arbitrages et de la diffusion. Cette architecture devient particulièrement intéressante lorsqu’il faut multiplier les périmètres de veille. Dans notre exemple, nous pourrions ajouter progressivement de nouveaux agents spécialisés dans la santé, l’énergie ou l’industrie, tout en conservant un socle juridique commun et une méthode éditoriale partagée.

agents dust

Le bénéfice attendu n’est donc pas seulement un gain de temps : c’est aussi la possibilité de structurer et de faire évoluer un dispositif de veille collectif. En contrepartie, cette approche demande davantage de préparation, de tests et de maintenance. Elle implique également de maîtriser les accès aux sources, les coûts d’exécution et les mécanismes de contrôle. L’objectif n’est pas de créer le plus grand nombre d’agents possible, mais de construire un système adapté à un besoin réel.

Alors, quelle méthode de veille IA choisir ?

Tout dépend de votre objectif et de votre niveau de maturité :

  • Pour un communicant qui souhaite suivre les campagnes de ses concurrents ou recevoir un briefing hebdomadaire, une tâche planifiée dans ChatGPT peut largement suffire.
  • Pour une équipe qui produit régulièrement des revues de presse, des notes de synthèse ou des newsletters, une méthode structurée dans Claude, éventuellement enrichie de Skills, apporte davantage de cohérence éditoriale.
  • Enfin, pour une direction de la communication qui doit traiter plusieurs périmètres, organiser des contributions et automatiser différents traitements, une plateforme d’agents comme Dust permet d’envisager une organisation plus avancée.

Ces trois approches ne sont ni exclusives ni nécessairement concurrentes. Une organisation peut parfaitement conserver une plateforme spécialisée pour collecter ses retombées médias, utiliser ChatGPT pour une veille concurrentielle ponctuelle et mobiliser Claude pour préparer ses livrables. De même, les plateformes de veille traditionnelles (Onclusive, Cision, Meltwater, Visibrain, Sindup, Europresse ou Tagaday) restent particulièrement pertinentes lorsque les besoins nécessitent une couverture spécifique des médias, des réseaux sociaux ou des publications professionnelles. L’IA ne remplace pas nécessairement les outils de veille existants : elle peut venir enrichir leur exploitation !

Les 5 réflexes pour une veille IA vraiment utile

Quelle que soit la solution retenue, quelques bonnes pratiques restent incontournables.

  1. Cadrer avant d’automatiser. Définissez précisément les sujets, les destinataires et les critères de sélection. Un mauvais brief exécuté automatiquement ne produira pas une meilleure veille !
  2. Privilégier les sources primaires. Pour chaque information importante, remontez à la publication originale. Vérifiez les dates, les références et la portée des annonces.
  3. Collecter plus souvent que l’on ne publie. Une newsletter mensuelle peut parfaitement s’appuyer sur une collecte hebdomadaire. C’est même préférable pour limiter les informations manquées.
  4. Séparer les différentes étapes. Recherche, qualification, rédaction et diffusion ne nécessitent ni les mêmes instructions ni les mêmes contrôles.
  5. Conserver des validations humaines. L’IA peut suggérer des priorités ou rédiger une synthèse. Mais c’est au communicant de décider ce qui mérite d’être partagé et sous quelle forme.

Gardons en tête que la performance d’une veille ne se mesure pas au nombre de liens collectés, mais à sa capacité à éclairer les décisions !

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